Le tour de la cassette

Un journal vidéoludique

En train de jouer à :

Étiquette : Game Boy

  • Le tour des cassettes de 2025

    Le tour des cassettes de 2025

    Chefs d’oeuvre, merveilles abandonnées, et consoles rétro

    Image en couverture : From Software via Philomène Gatien

    Rétrospective

    Je garde un journal des jeux que je fais, avec des petites annotations de ce que j’aime et n’aime pas, ainsi que les dates de début de partie et de complétion. Je trouve ça intéressant de voir comment mon année vidéoludique s’est déroulée, de voir les tendances, et surtout, ça me permet de décrire en quelques mots ces jeux qui m’ont accompagné pour que je puisse m’en souvenir (ou pouvoir faire des recommandations à des ami·es).

    On est déjà fermement en 2026, mais il est encore temps de faire une petite rétrospective. Ok, on se lance!


    Dragon Age: The Veilguard (2024)

    20 décembre 2024 – 3 janvier 2025 (73h)

    Bien emmitouflée sous les couvertures durant le temps des fêtes, j’ai passé à travers Dragon Age: The Veilguard et c’était exactement ce que je voulais : un gros RPG lisse et sans friction. J’ai été aussi agréablement surprise de voir qu’un personnage trans (et son histoire de coming out) occupait une place importante dans l’intrigue. En lice pour le prix du jeu le plus mauve de l’année.


    Metaphor: ReFantazio (2024)

    4 janvier – 1er février 2025 (83h)

    Un véritable tour de force visuel, Metaphor: ReFantazio est le premier jeu que je complète du développeur Atlus. Il y a beaucoup à aimer dans ce jeu-fleuve, mais je suis prête à dire que les dernières 20 ou 25 heures (!) sont de trop. Ça finit pas de finir! La musique, qui au départ me laissait froide à cause de son utilisation d’instruments virtuels, a finit par me gagner à l’usure et certains morceaux (Solitary Nights, King’s Verdict et bien sur le thème de combat épique Warriors in Valor) sont devenus des piliers de ma liste de lecture vidéoludique.


    Stray Gods: The Roleplaying Musical (2023)

    1er – 2 février 2025 (6h)

    Après deux jeux monstres de 70 et 80 heures, j’ai eu besoin de me rinçer le palais avec un jeu un peu moins accaparant et Stray Gods était parfait. Un roman graphique qui est aussi une comédie musicale interactive, comportant plusieurs fin possibles, tout cela servi à travers des personnages de la mythologie grecque? Un jeu fait sur mesure pour moi. J’ai tout aimé.


    Bugsnax (2020)

    Terminé le 8 février 2025 (7h)

    Je n’étais toujours pas prête à me relancer dans une grosse aventure, alors j’ai démarré Bugsnax, un jeu de collection charmant où il faut attraper des insectes-collations. La conception sonore des créatures est excellente. Vraiment chouette, bien écrit, attachant et l’intrigue principale met en vedette un couple de deux femmes!


    Star Wars Outlaws (2024)

    3 – 26 février 2025 (19h, abandonné)

    Qui utilise R3 (peser sur le joystick droit) comme bouton de confirmation? Star Wars Outlaws, ça a l’air. Je lui ai pardonné, après avoir réassigné le bouton à «triangle» sur ma manette de PS5 (beaucoup plus approprié). Le jeu offre beaucoup de belles choses, comme de la bonne narration environnementale, une histoire sans Jedi (on en a eu assez de ceux-là), un petit animal de compagnie fort cute et un monde passionnant qui explore l’underground criminel de la franchise. Par contre, Outlaws n’a pas réussi à garder mon attention plus d’une vingtaine d’heures, probablement à cause des nombreux bugs, une sauvegarde automatique frustrante, et des mécaniques de combat et de furtivité trop simplistes. Dommage!


    Pokémon Shield (2019)

    15 février – 8 mars 2025 (50h)

    Shield est le premier jeu de la franchise que je touche après avoir joué à Sapphire (que je n’ai jamais terminé) aux alentours de 2008. Je me cherchais un jeu de Switch parce que je partais en tournée en Gaspésie et je voulais emmener un jeu avec moi.

    C’était très agréable de revenir après autant d’années et de découvrir que j’aimais toujours autant la boucle de gameplay de Pokémon – même si ces jeux offrent très peu de challenge. Mais on n’y joue pas nécessairement pour la difficulté; on s’y donne davantage pour le plaisir de forcer des petites créatures à être nos amies, à se battre entre elles et à vivre le reste de leurs jours dans de petites capsules rouges et blanches.


    Monster Hunter Wilds (2025)

    Commencé le 6 mars 2025 (10h)

    Les astres de Monster Hunter Wilds ne se sont pas alignés cette année pour moi, et ça m’attriste parce que j’étais quand même excitée d’y jouer. J’ai participé au test Beta, j’ai pré-commandé le jeu, je l’ai téléchargé à distance de Gaspésie pour pouvoir y jouer drette en arrivant à la maison.

    Malgré mon bon vouloir, j’y ai joué une semaine environ, jusqu’à ce que je retourne à Elden Ring (que j’avais commencé en novembre 2024 et ensuite laissé de côté pendant un moment). C’était impossible pour moi de maîtriser deux systèmes de combat aussi complexes à la fois, je finissais par me tromper dans mes boutons de manette et j’ai choisi de continuer Elden Ring. Je ne suis jamais revenue à Wilds après ça. Je garde espoir par contre. Et je continue d’écouter la titanesque trame sonore qui figure parmi mes préférées de 2025.


    Elden Ring et Shadow of the Erdtree (2022 & 2024)

    9 novembre 2024 – 12 avril 2025 (200h)

    Disons simplement qu’Elden Ring a changé ma vie (de joueuse). C’est devenu le barème contre lequel tous les autres jeux doivent désormais se mesurer.

    Le narratif est riche mais enfoui profondément dans le jeu, et doit être découvert grâce à la lecture de multiples descriptions d’items et à l’écoute de nombreux vidéos Youtube de lore (merci, VaatiVidya). Les personnages ont une teneur mythique, et leur design est fascinant. Le combat est infiniment complexe et gratifiant, avec une tonne d’armes et de constructions de personnages possibles. Le design environnemental est extraordinaire. C’est un jeu qui nourrit sans cesse la personne qui désire plonger dans son monde sans limites. En plus d’accomplir tout cela, Elden Ring est aussi, selon moi, un chef d’oeuvre visuel, qui ne cesse de nous donner des paysages à couper le souffle, et va de catacombes oppressantes au ciel parsemé de ruines en passant par une cité d’or au pied d’un arbre géant.

    Ce jeu nous met devant des obstacles de plus en plus insurmontables, mais nous donne du même souffle tous les outils nécessaires pour nous mener au triomphe. Elden Ring est rien de moins qu’une oeuvre d’art.


    Demon’s Souls (2020)

    13 – 21 avril 2025 (34h)

    Il est toujours difficile de sortir d’une oeuvre qui nous marque profondément. Quel jeu pouvait prétendre succéder à Elden Ring? Je me préparais à repartir une New Game+ , mais bien honnêtement, la magie de découvrir un jeu pour la première fois ne peut jamais vraiment être reproduite. Alors j’ai fait ce qui est souvent recommandé : j’ai joué à d’autres jeux du même développeur, From Software.

    Demon’s Souls est un remake assez fidèle du jeu du même nom sorti en 2009 qui pourrait être considéré comme le premier de la série des Soulslike. J’ai apprécié la non-linéarité des niveaux, la difficulté un peu réduite des boss de chaque région et la direction artistique maintenant reconnaissable de cette série. Le jeu est aussi très agréable à regarder, avec un boss final hors du commun.


    Dark Souls III (2016)

    Commencé le 26 avril 2025 (64h, abandonné)

    Toujours en quête d’une expérience pouvant me rappeler Elden Ring, j’ai continué avec Dark Souls III, qui au final agit presque comme un prédécesseur spirituel à ER en termes de mécaniques et de vibes.

    Le combat et le choix d’armes sont remarquables et l’histoire est pareillement cryptique et fascinante. Le level design est très raffiné et la direction artistique est magnifique.

    Là où le bât blesse en ce qui concerne Dark Souls III est la linéarité de la progression comparé à un monde ouvert comme Elden Ring. En effet, lorsque je me butais à un mur de difficulté dans Elden Ring, je pouvais aller ailleurs découvrir d’autres niveaux et devenir plus forte, alors que dans Dark Souls III, à un certain point, il faut absolument battre le boss qui se tient dans ton chemin pour progresser, ou se battre sans cesse contre les même ennemis pour monter de niveau et avoir une meilleure chance de vaincre l’adversaire, ce que je trouve moins intéressant.


    The Testament of Sherlock Holmes (2012)

    13 décembre 2024 – 9 mai 2025 (14h)

    Mon amie Karo et moi, on aime bien les jeux d’énigmes et de détectives, et donc on s’est mises à jouer à Sherlock les vendredis soirs. L’internet m’a recommandé de commencer par The Testament of Sherlock Holmes, qui était potable mais n’a pas super bien vieilli : la conception sonore est irritante, les textures sont vieillotes, les animations de personnages sont à pouffer de rire. Les solutions aux énigmes sont souvent obscures (à part les puzzles pour ouvrir les coffres, ceux-là étaient plutôt bien faits), les revirements du scénario sont un peu loufoques et la fin du jeu est interminable. Pour les fans de Sherlock, ça passe, mais sinon ce n’est pas un incontournable!


    Clair Obscur : Expédition 33 (2025)

    2 mai 2025 – 14 mai 2025 (38h)

    Je serai brève à propos du chouchou de 2025, car beaucoup d’encre a déjà coulé à propos de ce joyau. Un jeu avec très peu de défauts (l’un d’eux fut l’objet de mon premier article). Gameplay, direction artistique, narratif, musique – tous ces aspects sont excellents. J’ai très hâte de voir ce que le développeur, Sandfall Interactive, vont nous proposer comme deuxième opus. L’équipe a placé la barre très haute; je leur lève mon béret.


    Fire Emblem Engage (2023)

    4 juin 2025 – 28 juin 2025 (65h)

    Un peu comme avec Dragon Age: The Veilguard, Fire Emblem Engage m’a fait l’effet d’une doudou confortable. Les combats tactiques forment la majorité du jeu et je trouve encore ces mécaniques captivantes, même si elles suivent la même formule que tous les jeux précédents. C’est très répétitif, mais ce n’est pas un défaut; je peux écouter des balados en jouant. Le scénario est rempli de clichés et les dialogues… disons qu’il vaut mieux en rire que d’en pleurer, mais encore une fois, c’est plus attachant qu’autre chose. J’ai aussi été agréablement surprise par quelques revirements dans l’histoire (le chapitre Retreat, pour ceux et celles qui ont joué), et même émue par certaines scènes en approchant le dénouement.

    Engage n’est pas aussi ambitieux que Three Houses, et sa proposition d’un multivers où on retrouve d’anciens héros de la franchise a tellement été abusée dans les médias (c’est toi qu’on regarde, Marvel) que c’en est lassant, mais je ne peux nier avoir eu du plaisir dans cette aventure en incarnant le tube de dentifrice qui nous sert d’avatar.


    Pokémon Violet (2022)

    23 mai 2025 – 9 juillet 2025 (35h)

    C’est étrange qu’un jeu sorti en 2022 soit moins beau et moins performant que son prédécesseur. Graphiquement, ce jeu est un désastre.

    Le développeur Game Freak a voulu créer un jeu Pokémon en monde ouvert, une première pour la franchise. J’admets qu’en théorie, c’est l’aboutissement logique de ce que propose ce genre de jeu depuis les tous premiers titres, Red et Blue, sortis sur le Game Boy en 1998 (en Amérique). Mais cette promesse alléchante d’un Pokémon : Elden Ring a vite fait de refroidir nos ardeurs : l’exploration offre des récompenses médiocres, le monde est vaste mais vide, et les performances du jeu sont catastrophiques.

    Tout cela étant dit, Pokémon Violet reste une expérience qui n’est pas dénuée d’intérêt – j’ai passé la cassette, après tout – mais on pourrait le méprendre pour un jeu sorti sur la Nintendo 64.


    Baldur’s Gate 3 multijoueur (2023)

    Commencé le 13 juillet 2025 (50h, abandonné)

    J’ai déjà complété ma première partie (après quelques 180 heures) de BG3 lors de sa sortie, mais je n’avais jamais eu le plaisir de tester le mode multijoueur. Pendant plusieurs semaines, mon amie Kim (qui a fait plusieurs playthroughs en solo) et moi avons trippé avec notre groupe entièrement composé de bardes. On s’est rendues jusqu’à la fin de l’acte 1 avant de s’arrêter… et de commencer une campagne de DnD en personne!


    Blue Prince (2025)

    19 juillet 2025 – 12 août 2025 (17h, abandonné)

    Ce qui semblait être un jeu extrêmement dans mes cordes est malheureusement devenu une corvée. J’ai adoré mes premières heures avec Blue Prince, mais la nature roguelike du jeu fait que la progression vers la (les?) fin(s) du jeu requiert de faire énormément de runs, et j’ai malheureusement perdu intérêt en chemin. La majorité des gens qui jouent adorent, alors c’est un cas de «c’est pas toi, c’est moi». C’est correct! Tous les jeux ne sont pas pour tout le monde.


    Sea of Stars (2023)

    Commencé le 12 août 2025 (25h, abandonné)

    Un autre cas de vouloir un jeu de Switch pour pouvoir jouer en mode portable. J’ai emmené Sea of Stars avec moi en vacances et j’ai vraiment aimé! Un super RPG de style rétro fait par un studio québécois, Sabotage. C’est drôle, bien écrit et les personnages sont attachants, sans parler du pixel art qui est magnifique. D’autres jeux ont happé mon attention et donc je ne l’ai jamais terminé, mais c’est définitivement possible que je revienne vers Sea of Stars, surtout qu’il y a un DLC qui est maintenant disponible.


    Odin Sphere Leifthrasir (2016)

    12 juillet – 18 septembre 2025 (?h, abandonné)

    Une recommandation de mon amie Gabrielle (merci Gab!), Odin Sphere Leifthrasir est un remake d’Odin Sphere, jeu sorti en 2007 pour Playstation 2 et développé par Vanillaware (Unicorn Overlord). Quel jeu unique en son genre!

    On suit l’histoire de cinq protagonistes dont les chemins s’entrecroisent, et on finit par vivre l’intrigue du jeu à travers les yeux de plusieurs personnages. Le jeu est un hybride plateformer/brawler dans lequel on explore des niveaux en se battant contre des ennemis variés et en ramassant des resources. Pour augmenter de puissance, il faut faire pousser des baies et manger plusieurs types de nourriture, ce qui inclut aller au restaurant!

    La direction artistique est vraiment ce qui m’a accrochée au départ, car tout semble dessiné à la main, donnant un peu l’impression de lire un conte de fées. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de terminer le jeu avant qu’il se retire de Playstation+, mais si j’ai la chance d’y revenir je le ferai avec plaisir.


    Hollow Knight: Silksong (2025)

    5 – 21 septembre 2025 (23h, abandonné)

    Silksong est un chef d’oeuvre que je ne terminerai jamais. Et c’est correct! Je respecte la vision des développeurs du jeu (Team Cherry) d’avoir créé une expérience difficile et sans compromis. Est-ce que j’aurais aimé des niveaux de difficulté plus bas pour connaître la fin de l’histoire? Sans doute. Mais j’ai fait la paix avec l’abandon de Silksong. J’ai aimé les 23 heures que j’ai passées en compagnie de Hornet, la protagoniste, surtout lorsqu’elle gonflait sa cape pour planer dans les airs.


    Sword of the Sea (2025)

    18 – 20 septembre 2025 (4h)

    Il n’y a qu’un remède lorsqu’on se bute à un jeu difficile et qu’on abandonne. Jouer à quelque chose où il est impossible de mourir!

    Sword of the Sea était la meilleure façon de se rinçer le palais après Silksong. C’est un jeu magnifique où le protagoniste redonne vie aux différentes régions du monde, tout en faisant du snowboard sur une épée flottante. C’est le deuxième jeu que je fais cette année dont la musique a été composée par Austin Wintory, le vétéran derrière la musique de Journey (l’autre étant Stray Gods: The Roleplaying Musical). La trame sonore, envoûtante, met en valeur la voix humaine, dont un choeur d’enfants – à couper le souffle.

    Le jeu peut être terminé en quatre heures; c’est une excellente expérience à faire en une fin de semaine!


    Pokémon Red (1998)

    Commencé le 1er octobre 2025 (20h, non terminé)

    Pour ma fête cette année, je me suis fait un beau cadeau et je me suis acheté un Game Boy Light. C’était un geste inscrit dans un élan de nostalgie pour les jeux et médias de mon enfance, ainsi que tous ces objets qui ne servent qu’à une chose : un Game Boy ne peut jouer qu’à un jeu à la fois, un lecteur cassette ne peut recevoir de notifications d’Instagram, un DVD ne contient qu’un film et pas l’entiereté du catalogue mondial des séries télévisées. Je partais en tournée (en Abitibi cette fois!) et je voulais emmener un jeu avec moi; j’ai choisi Pokémon Red.

    Ça m’a étonnée à quel point ce jeu a bien vieilli et que je pouvais facilement retomber dans la loop du jeu – attraper des Pokémon, les entraîner, bâtir l’équipe parfaite, vaincre le Gym du village, et au suivant – et comment ce concept n’a au final que peu changé avec les années et les nouvelles moutures. Ce n’est pas un hasard que Pokémon soit l’une des plus importantes franchises au monde en ce moment – ils ont commencé sur des bases très solides.

    On vient aussi tout juste de voir sortir la bande annonce de Pokémon Winds et Pokémon Waves (sortie prévue en 2027) et ça promet!


    Metroid Prime 4: Beyond (2025)

    5 – 27 décembre 2025 (30h)

    J’étais super excitée de replonger dans l’univers Metroid Prime – ayant adoré Metroid Prime Remastered – et la première moitié de Metroid Prime 4: Beyond m’a livré exactement ce que je voulais : une aventure solitaire où j’incarne la mercenaire silencieuse à travers des niveaux labyrinthiques, passant de puzzles en escarmouches, collectionnant des augmentations pour mon armure, afin d’accéder à d’autres niveaux labyrinthiques. La musique aussi est du parfait Metroid.

    Malade!… jusqu’à ce que le jeu te force à parcourir un monde ouvert presque vide pour ramasser des crystaux et autre babioles, nécessaires pour progresser vers la fin du jeu. D’un ennui mortel. Cette dernière section, d’ailleurs, est très courte et mène directement à la dernière confrontation, qui est assez décevante. Dommage pour un jeu tant attendu. Ça a terminé mon année de façon un peu pouet pouet.


    C’est ce qui conclut ma liste de jeux auxquels j’ai joué en 2025! J’aime beaucoup faire cet exercice. Ça me permet de comparer les jeux entre eux et de relever mes comportements de joueuse. Qu’est-ce qui m’a gardé accorchée, et qu’est-ce que j’ai abandonné?

    Quel fut mon jeu préféré de 2025? J’ai adoré retourner au Game Boy et à Pokémon Red pour une dose de nostalgie; avec mon travail de jour comme compositrice musicale qui me demande un effort intense au niveaux des méninges, j’ai apprécié revenir à la maison le soir, me mettre un balado et jouer à Fire Emblem Engage pour me vider complètement l’esprit; mais sans grande surprise, je dois donner la palme à Elden Ring et son DLC Shadow of the Erdtree. C’était une expérience transcendante. Sans joke.

    Maintenant que 2026 est bien entamée, j’ai déjà quelques jeux sous la cravate, que je compile en détail dans mon journal. On se revoit en 2027 pour une autre rétrospective! Et vous, quels jeux ont marqué votre 2025?

  • Il n’y a pas de mode photo sur le Game Boy

    Il n’y a pas de mode photo sur le Game Boy

    Ressortir ses vielles consoles est un exercice extrêmement rafraîchissant, même si elles ne viennent pas avec une fonction «Partager»

    Image en couverture : Philomène Gatien

    7–10 minutes

    Je viens d’avoir 37 ans en septembre et, sans vraiment m’en rendre compte, je suis retombée dans des produits et médias qui ont bercé mon enfance et début d’adolescence. C’est comme si, inconsciemment, je ressentais un besoin de retourner en arrière, de revivre certaines expériences et de les comparer avec leurs homologues modernes. À travers mon revisionnement de Buffy the Vampire Slayer, mon retour à l’écoute de cassettes et ma passion ravivée pour les consoles de poche rétro, je découvre qu’il s’accumule en moi une insatisfaction grandissante envers certaines pratiques modernes de consommation de médias. Dans ce contexte, «revenir dans le passé» est en quelque sorte une espèce de rébellion, un refus.

    Mais je m’emballe trop vite. Pourquoi parler du Game Boy en 2025?

    J’ai vu il y a quelques années un tutoriel qui démontre comment utiliser la puce sonore d’un Game Boy comme un synthétiseur à l’aide d’une interface MIDI appelée Arduinoboy. Cette vidéo m’est revenue à l’esprit récemment lors de mes recherches pour un projet, et j’ai finalement décidé de tenter l’expérience.

    Ayant perdu la trace de mon propre Game Boy d’enfance, j’ai demandé à mon frère s’il avait encore le sien. Bingo! Non seulement il l’avait encore, mais sa boîte protectrice contenait trois jeux, dont un incontournable : Pokémon Red.

    Voyez-vous, pendant longtemps, mon frère et moi n’avions pas le droit d’avoir des consoles à la maison. Pas de Nintendo 64 ou Sega Saturn. Il fallait user de subterfuge pour jouer, c’est-à-dire jurer qu’on allait se promener au parc alors qu’on passait l’après-midi à jouer à Ocarina of Time chez mon cousin. Il y avait aussi notre gardienne, Ginette, chez qui on se rendait après chaque jour d’école de notre primaire. Elle avait, dans son salon, un Super Nintendo. Honnêtement, c’est presque comme si on en avait un à la maison, parce que Ginette nous laissait jouer comme bon nous semblait.

    Chez elle, en attendant que nos parents viennent nous chercher, mon frère et moi avons passé beaucoup de temps devant Donkey Kong Country. Ce fut mon premier coup de foudre vidéoludique. Non seulement le jeu était magnifique pour l’époque, mais la musique s’est imprimée dans mon cerveau et a probablement semé la graine qui a fait de moi une compositrice aujourd’hui. Je me demandais pourquoi je ressentais autant de nostalgie en écoutant Aquatic Ambience, la musique qui accompagne les niveaux sous l’eau — que sont ces accords, ces mélodies? Merci, Donkey Kong.

    C’est dommage que je ne me souvienne plus des circonstances, mais un jour mon frère et moi avons chacun·e reçu un Game Boy. J’ai demandé à mes parents s’ils se souvenaient de l’événement, mais sans succès. Mon hypothèse est la suivante : après des années de pression venant de mon frère et moi pour avoir une console, mes parents ont fini par flancher en 1999 quand la vague de folie de Pokémon est débarquée au Québec.

    Mon frère avait un Game Boy rouge avec la version Red alors que le mien était vert et j’avais la version Blue. On possédait aussi le câble qui nous permettait d’échanger les différents Pokémon qu’on attrapait pour compléter notre Pokédex. Oui, nous étions en proie à un tour de force de marketing. Il n’en reste pas moins que je chéris ces souvenirs du temps que je passais avec mon frère. Il m’a raconté plus tard qu’il a gardé pendant longtemps un Nidoking que je lui avais donné et que j’avais nommé LUCKYCHARM (oui, tout en majuscules). Dans la partie que je fais en ce moment, en 2025, j’ai attrapé et fait évoluer une Nidoqueen que j’ai affectueusement nommée MINIWHEAT en l’honneur de ce bel échange.

    LUCKYCHARM représentait la fraternité entre mon frère et moi, notre amitié de «petits gars». Depuis ce temps, j’ai fait ma transition et je suis maintenant sa grande soeur. Je trouvais ça poétique que LUCKYCHARM trouve aussi sa grande soeur, MINIWHEAT.


    J’ai donc commandé le nécessaire pour faire de la musique avec le Game Boy de mon frère, et je me suis dit que tant qu’à y être, je pourrais refaire Pokémon Red. Je vais probablement écrire un article spécialement pour parler de mon expérience avec ce classique, mais comme en témoigne mon horloge de jeu (13 heures), je suis complètement happée et j’ai bien du fun.

    J’ai toujours aimé le feeling de tenir un gros Game Boy dans mes mains. C’est très tactile et satisfaisant. Ce qui était chouette dans le temps (et qui l’est toujours, d’ailleurs), c’était qu’on pouvait l’emmener avec nous un peu partout. Avoir accès à un jeu vidéo avec nous dans l’auto, au chalet, chez le dentiste : incroyable!

    Et Pokémon Red est un «vrai» jeu, en ce sens que c’est une aventure de plusieurs heures dans laquelle on peut sauvegarder notre progression. Plusieurs jeux de Game Boy sont des recréations de jeux d’arcade, et doivent être recommencés du début à chaque partie. Pouvoir profiter d’un jeu de rôle très complet comme Pokémon n’importe où, c’était l’équivalent, je trouve, de pouvoir jouer à Breath of the Wild dans son lit à l’aide de la Switch. Révolutionnaire.

    Image tirée de retrododo.com

    Dans ma vie adulte, j’ai souvent entretenu l’idée de m’acheter un retro handheld, une de ces consoles modernes portatives qui peuvent contenir des milliers de jeux rétro, pour chasser l’ennui dans le métro et garder dans ma sacoche pour jouer on the go. Ces consoles me semblaient très pratiques, certes, mais quand venait le temps de peser sur «ADD TO CART», quelque chose finissait immanquablement par retenir mon geste. Je crois enfin avoir mis le doigt dessus après avoir passé quelques heures avec le Game Boy.

    Je veux moins de choix. Je n’ai pas besoin d’accéder à tous les jeux de Super Nintendo. Je veux traîner deux ou trois cartouches de jeu ou même mieux, une seule. Je ne veux pas me connecter à internet. Je ne veux pas de trophées ou achievements, je ne veux pas de bouton «Partager». Je ne veux pas de mode photo.

    Beaucoup de gens y ont réfléchi avant moi et ont probablement écrit sur le sujet de manière plus éloquente, mais ces temps-ci j’en viens à réfléchir au fait de «posséder» physiquement un jeu. Dans un monde où la majorité des jeux que j’achète sont sous forme digitale, que ce soit à travers Steam ou les marchés en ligne spécifiques à Nintendo ou Playstation, il est vraiment facile de surconsommer, d’acheter les jeux en rabais pour y jouer «plus tardTM». J’accumule licence digitale par-dessus licence digitale, mais je ne peux rien tenir dans mes mains. Et je ne lamente pas nécessairement le fait de remplir des étagères de jeux (ou livres, vinyles, etc.) pour ne plus jamais les toucher. La surconsommation existe aussi avec les objets tangibles. Mais il y a quelque chose dans le geste d’aller au magasin, regarder les jeux sur les étagères, toucher le boîtier, s’imaginer en train d’y jouer. Prêter un jeu qu’on a terminé et qu’on a adoré. Le tactile dans tout ça.

    Sans parler des plateformes de streaming et notre expérience d’écouter de la musique de nos jours. Spotify a réduit à néant la valeur de la musique enregistrée. On a accès à tout, tout de suite, et ici. Trop de choix encore, et en plus, ce qu’on choisit d’écouter ne paie pas les artistes. Je ne me lance pas plus loin dans ma critique de Spotify, car c’est un sujet en soi, mais ces pensées m’habitent.

    VHS, CD, cartouche de jeu, cassette. C’est le fun de les tenir dans nos mains.

    Tout ça pour dire que j’adore trainer mon Game Boy avec moi. C’est un objet qui sert à jouer à Pokémon Red, et rien de plus. Et c’est parfait. Mais je dois me confesser : ce n’est pas la vieille console de mon frère qui est présentement dans mon sac. En effet, je me rappelle maintenant que le Game Boy avait un vilain défaut : c’était très dur de voir quoi que ce soit sur son petit écran à moins d’être sous des conditions d’éclairage parfaites. Je me suis donc acheté un Game Boy Light1 pour ma fête : même machine, mais avec rétroéclairage pour les endroits sombres.

    Je vous laisse avec une citation de Giles tirée de l’épisode huit de la première saison de Buffy the Vampire Slayer. Le synopsis : un démon réussit à s’infiltrer à l’intérieur d’internet (!) et contrôler un corps de robot. L’épisode passe quelques commentaires sur la place grandissante que les ordinateurs occupent dans la vie des gens en 1997. Je peux dire qu’en 2025, ce thème est toujours d’actualité! À un moment, Giles s’emporte et se lance dans une lettre d’amour aux livres et à leur odeur. Mon Game Boy n’a pas d’odeur, et n’est pas une comparaison parfaite avec la citation de Giles. Mais ce qu’il dit résume bien mes états d’âme sur l’insoutenable légèreté du digital cet automne.

    “Smell is the most powerful trigger to the memory there is. A certain flower, or a whiff of smoke can bring up experiences long forgotten. Books smell musty and rich. The knowledge gained from a computer is… it has no texture, no context. It’s there and then it’s gone. If it’s to last, then the getting of knowledge should be… tangible. It should be, um, smelly. »


    1 Le Game Boy Light, sorti en avril 1998, est une version du Game Boy Pocket (1996) qui possède un rétroéclairage. Du génie, mais malheureusement il n’est sorti qu’au Japon, et il aura fallu attendre 2004 pour avoir une autre console portative de Nintendo avec du rétroéclairage : le Nintendo DS.