C’est bien de connaître ses limites
Image en couverture : Hollow Knight: Silksong, Team Cherry
Cette semaine, je vous confie que je n’ai pas le temps de get gud. À la place de me faire rudoyer par Silksong, j’ai joué à Sword of the Sea, un jeu sans aucune friction, qui est magnifique et qui m’a remonté le moral. J’ai aussi avancé ma partie de Baldur’s Gate 3 avec mon amie Kim (divulgâcheur : on a failli se faire TPK par une bande de kobolds).
Hollow Knight: Silksong

J’ai un ami qui s’appelle Steve. Steve est enfant unique et a passé un bon bout de son enfance à jouer à toutes les consoles sous le soleil. Steve est ce qu’on pourrait considérer un joueur aguerri : il a des réflexes moteurs rapides, une connaissance encyclopédique de la plupart des mécaniques de jeux de tout ce qui est sorti dans les 30 dernières années, une résilience face à l’adversité vidéoludique qui a été construite sur des années de jeux impitoyables comme Zelda II: The Adventure of Link, Super Metroid, ou les fameux Dark Souls. Bref, Il n’y a pas vraiment de jeux à l’épreuve de Steve : il finit toujours par triompher.
Silksong est un jeu parfait pour Steve.
Pour ma part, je n’ai peut-être pas l’expérience ou les réflexes de mon ami, mais je possède une bonne force de caractère qui me permet de passer à travers de rudes épreuves. Je peux me vanter d’être venue à bout de jeux difficiles comme Elden Ring et Demons’ Souls. Quand j’ai commencé Silksong, je me disais que j’allais être capable de passer à travers si j’y mettais le temps. Je sais que je suis capable d’atteindre mes buts quand je suis déterminée.
C’est juste que l’élément crucial qui me manque est, justement, le temps. Avec le travail, je fais de grosses semaines et quand je reviens de la job pour faire la patate, ça ne me tente pas de me mesurer à un boss 34 fois avant de réussir. Mon amie Kim (qui a aussi fait son deuil de terminer Silksong) a émis un bon point : son chum va en arracher six, sept, peut-être neuf fois avant de battre un boss. De son côté, elle devait essayer le même boss 40 fois avant de le vaincre. À un moment donné, tu te demandes si tu as encore du plaisir. Faque on a abandonné.
Et c’est correct. Silksong n’a pas d’options de difficulté (mais sur PC quelques mods commencent à émerger!), et c’est probablement parce que Team Cherry, les développeurs, sont une équipe réduite et que c’est trop de travail de tester le jeu à toutes les difficultés pour que les modes soient équilibrés. Je respecte ça. C’est pas tout le monde qui va vouloir lire Guerre et paix de Tolstoï. Les oeuvres d’art ne peuvent pas plaire à tout le monde.
Je suis un peu triste parce que j’aimerais savoir ce qu’il se passe dans l’histoire, mais ultimement je peux écouter le jeu sur Youtube. Je n’ai pas encore décidé, peut-être que je vais pouvoir retenter de jouer pendant les vacances de Noël. Mais pour l’instant, au revoir Hornet. C’est pas toi, c’est moi.
Sword of the Sea

Je me suis alors tournée vers un jeu où tu ne peux pas mourir, où il n’y a pas de combat, et où tu utilises une épée comme une planche de surf!
Je ne pense pas avoir énormément à dire sur Sword of the Sea, le nouveau jeu du studio qui nous a donné The Pathless et Abzu et donc le réalisateur est derrière le méga-hit critique Journey. Sword of the Sea se place définitivement dans la même lignée que ces autres jeux de par sa signature visuelle époustouflante et ses mécaniques de jeu centrées sur l’exploration de façon non-violente (The Pathless fait exception à cette règle, avec sa protagoniste archère). On y incarne un esprit de l’eau qui se fait réveiller pour redonner vie aux différents paysages du monde qui sont enfouis sous le sable.
Je prends un moment pour souligner le super travail — comme toujours — du compositeur Austin Wintory, un vétéran de la musique de jeu vidéo qui a, bien sûr, travaillé sur Journey. Dans Sword of the Sea, j’aime beaucoup les lignes de violoncelle qui zigzaguent entre des accords chantés par un choeur d’enfants. Lien Bandcamp de la trame.
C’est un jeu vraiment agréable et très beau à regarder et ne regrette en rien les trois heures et quart que ça m’a pris pour le terminer. En fait, ses mécaniques de jeu à la 1080 Snowboarding m’ont rendue nostalgique pour ce genre de jeux de cette époque. J’ai soudainement envie de sortir mon skate pour profiter des dernières belles journées de l’été et aller rouler sur une planche.
Baldur’s Gate 3

Et pour terminer, des petites nouvelles de Fran et Nyx, les deux bardes les plus cool de Faerûn!
Après 45 heures d’aventures, nous avons presque terminé l’acte 1. Il nous reste seulement à visiter la fameuse crèche des Githyanki, et j’ai très hâte parce que je vais enfin pouvoir progresser dans ma romance avec Lae’zel! On sort ensemble, mais quand je vais lui parler elle me salue encore avec un seul mot d’amour : «Speak.» Disons que dans les démonstrations d’affection, j’ai entendu mieux, babe.

On a royalement pété la gueule au gardien de la Grymforge. Est-ce qu’on a utilisé le gros marteau? …Oui. On est quatre bardes, il n’y avait pas d’autre issue! On s’est fait humilier vraiment peu de temps après par la gang de kobolds qui nichent au-dessus de la crèche. Ceux qui sont pleins d’alcool et qui explosent quand on les touche avec du feu? Mon épée fait des dégâts de feu et pour une raison que j’ignore, je n’ai pas pensé changer d’arme. Oupsie!
À chaque fois qu’on joue, je me rappelle à quel point Baldur’s Gate 3 est un chef d’oeuvre. C’est bien écrit, les combats sont équilibrés et intéressants, et il y a toujours une situation cocasse qui nous fait cramper. Cette fois-ci c’était le massacre de nos bardes par les kobolds — qu’est-ce que ce sera la prochaine fois? 






