Le tour de la cassette

Un journal vidéoludique

En train de jouer à :

Catégorie : 2025

  • Le tour des cassettes de 2025

    Le tour des cassettes de 2025

    Chefs d’oeuvre, merveilles abandonnées, et consoles rétro

    Image en couverture : From Software via Philomène Gatien

    Rétrospective

    Je garde un journal des jeux que je fais, avec des petites annotations de ce que j’aime et n’aime pas, ainsi que les dates de début de partie et de complétion. Je trouve ça intéressant de voir comment mon année vidéoludique s’est déroulée, de voir les tendances, et surtout, ça me permet de décrire en quelques mots ces jeux qui m’ont accompagné pour que je puisse m’en souvenir (ou pouvoir faire des recommandations à des ami·es).

    On est déjà fermement en 2026, mais il est encore temps de faire une petite rétrospective. Ok, on se lance!


    Dragon Age: The Veilguard (2024)

    20 décembre 2024 – 3 janvier 2025 (73h)

    Bien emmitouflée sous les couvertures durant le temps des fêtes, j’ai passé à travers Dragon Age: The Veilguard et c’était exactement ce que je voulais : un gros RPG lisse et sans friction. J’ai été aussi agréablement surprise de voir qu’un personnage trans (et son histoire de coming out) occupait une place importante dans l’intrigue. En lice pour le prix du jeu le plus mauve de l’année.


    Metaphor: ReFantazio (2024)

    4 janvier – 1er février 2025 (83h)

    Un véritable tour de force visuel, Metaphor: ReFantazio est le premier jeu que je complète du développeur Atlus. Il y a beaucoup à aimer dans ce jeu-fleuve, mais je suis prête à dire que les dernières 20 ou 25 heures (!) sont de trop. Ça finit pas de finir! La musique, qui au départ me laissait froide à cause de son utilisation d’instruments virtuels, a finit par me gagner à l’usure et certains morceaux (Solitary Nights, King’s Verdict et bien sur le thème de combat épique Warriors in Valor) sont devenus des piliers de ma liste de lecture vidéoludique.


    Stray Gods: The Roleplaying Musical (2023)

    1er – 2 février 2025 (6h)

    Après deux jeux monstres de 70 et 80 heures, j’ai eu besoin de me rinçer le palais avec un jeu un peu moins accaparant et Stray Gods était parfait. Un roman graphique qui est aussi une comédie musicale interactive, comportant plusieurs fin possibles, tout cela servi à travers des personnages de la mythologie grecque? Un jeu fait sur mesure pour moi. J’ai tout aimé.


    Bugsnax (2020)

    Terminé le 8 février 2025 (7h)

    Je n’étais toujours pas prête à me relancer dans une grosse aventure, alors j’ai démarré Bugsnax, un jeu de collection charmant où il faut attraper des insectes-collations. La conception sonore des créatures est excellente. Vraiment chouette, bien écrit, attachant et l’intrigue principale met en vedette un couple de deux femmes!


    Star Wars Outlaws (2024)

    3 – 26 février 2025 (19h, abandonné)

    Qui utilise R3 (peser sur le joystick droit) comme bouton de confirmation? Star Wars Outlaws, ça a l’air. Je lui ai pardonné, après avoir réassigné le bouton à «triangle» sur ma manette de PS5 (beaucoup plus approprié). Le jeu offre beaucoup de belles choses, comme de la bonne narration environnementale, une histoire sans Jedi (on en a eu assez de ceux-là), un petit animal de compagnie fort cute et un monde passionnant qui explore l’underground criminel de la franchise. Par contre, Outlaws n’a pas réussi à garder mon attention plus d’une vingtaine d’heures, probablement à cause des nombreux bugs, une sauvegarde automatique frustrante, et des mécaniques de combat et de furtivité trop simplistes. Dommage!


    Pokémon Shield (2019)

    15 février – 8 mars 2025 (50h)

    Shield est le premier jeu de la franchise que je touche après avoir joué à Sapphire (que je n’ai jamais terminé) aux alentours de 2008. Je me cherchais un jeu de Switch parce que je partais en tournée en Gaspésie et je voulais emmener un jeu avec moi.

    C’était très agréable de revenir après autant d’années et de découvrir que j’aimais toujours autant la boucle de gameplay de Pokémon – même si ces jeux offrent très peu de challenge. Mais on n’y joue pas nécessairement pour la difficulté; on s’y donne davantage pour le plaisir de forcer des petites créatures à être nos amies, à se battre entre elles et à vivre le reste de leurs jours dans de petites capsules rouges et blanches.


    Monster Hunter Wilds (2025)

    Commencé le 6 mars 2025 (10h)

    Les astres de Monster Hunter Wilds ne se sont pas alignés cette année pour moi, et ça m’attriste parce que j’étais quand même excitée d’y jouer. J’ai participé au test Beta, j’ai pré-commandé le jeu, je l’ai téléchargé à distance de Gaspésie pour pouvoir y jouer drette en arrivant à la maison.

    Malgré mon bon vouloir, j’y ai joué une semaine environ, jusqu’à ce que je retourne à Elden Ring (que j’avais commencé en novembre 2024 et ensuite laissé de côté pendant un moment). C’était impossible pour moi de maîtriser deux systèmes de combat aussi complexes à la fois, je finissais par me tromper dans mes boutons de manette et j’ai choisi de continuer Elden Ring. Je ne suis jamais revenue à Wilds après ça. Je garde espoir par contre. Et je continue d’écouter la titanesque trame sonore qui figure parmi mes préférées de 2025.


    Elden Ring et Shadow of the Erdtree (2022 & 2024)

    9 novembre 2024 – 12 avril 2025 (200h)

    Disons simplement qu’Elden Ring a changé ma vie (de joueuse). C’est devenu le barème contre lequel tous les autres jeux doivent désormais se mesurer.

    Le narratif est riche mais enfoui profondément dans le jeu, et doit être découvert grâce à la lecture de multiples descriptions d’items et à l’écoute de nombreux vidéos Youtube de lore (merci, VaatiVidya). Les personnages ont une teneur mythique, et leur design est fascinant. Le combat est infiniment complexe et gratifiant, avec une tonne d’armes et de constructions de personnages possibles. Le design environnemental est extraordinaire. C’est un jeu qui nourrit sans cesse la personne qui désire plonger dans son monde sans limites. En plus d’accomplir tout cela, Elden Ring est aussi, selon moi, un chef d’oeuvre visuel, qui ne cesse de nous donner des paysages à couper le souffle, et va de catacombes oppressantes au ciel parsemé de ruines en passant par une cité d’or au pied d’un arbre géant.

    Ce jeu nous met devant des obstacles de plus en plus insurmontables, mais nous donne du même souffle tous les outils nécessaires pour nous mener au triomphe. Elden Ring est rien de moins qu’une oeuvre d’art.


    Demon’s Souls (2020)

    13 – 21 avril 2025 (34h)

    Il est toujours difficile de sortir d’une oeuvre qui nous marque profondément. Quel jeu pouvait prétendre succéder à Elden Ring? Je me préparais à repartir une New Game+ , mais bien honnêtement, la magie de découvrir un jeu pour la première fois ne peut jamais vraiment être reproduite. Alors j’ai fait ce qui est souvent recommandé : j’ai joué à d’autres jeux du même développeur, From Software.

    Demon’s Souls est un remake assez fidèle du jeu du même nom sorti en 2009 qui pourrait être considéré comme le premier de la série des Soulslike. J’ai apprécié la non-linéarité des niveaux, la difficulté un peu réduite des boss de chaque région et la direction artistique maintenant reconnaissable de cette série. Le jeu est aussi très agréable à regarder, avec un boss final hors du commun.


    Dark Souls III (2016)

    Commencé le 26 avril 2025 (64h, abandonné)

    Toujours en quête d’une expérience pouvant me rappeler Elden Ring, j’ai continué avec Dark Souls III, qui au final agit presque comme un prédécesseur spirituel à ER en termes de mécaniques et de vibes.

    Le combat et le choix d’armes sont remarquables et l’histoire est pareillement cryptique et fascinante. Le level design est très raffiné et la direction artistique est magnifique.

    Là où le bât blesse en ce qui concerne Dark Souls III est la linéarité de la progression comparé à un monde ouvert comme Elden Ring. En effet, lorsque je me butais à un mur de difficulté dans Elden Ring, je pouvais aller ailleurs découvrir d’autres niveaux et devenir plus forte, alors que dans Dark Souls III, à un certain point, il faut absolument battre le boss qui se tient dans ton chemin pour progresser, ou se battre sans cesse contre les même ennemis pour monter de niveau et avoir une meilleure chance de vaincre l’adversaire, ce que je trouve moins intéressant.


    The Testament of Sherlock Holmes (2012)

    13 décembre 2024 – 9 mai 2025 (14h)

    Mon amie Karo et moi, on aime bien les jeux d’énigmes et de détectives, et donc on s’est mises à jouer à Sherlock les vendredis soirs. L’internet m’a recommandé de commencer par The Testament of Sherlock Holmes, qui était potable mais n’a pas super bien vieilli : la conception sonore est irritante, les textures sont vieillotes, les animations de personnages sont à pouffer de rire. Les solutions aux énigmes sont souvent obscures (à part les puzzles pour ouvrir les coffres, ceux-là étaient plutôt bien faits), les revirements du scénario sont un peu loufoques et la fin du jeu est interminable. Pour les fans de Sherlock, ça passe, mais sinon ce n’est pas un incontournable!


    Clair Obscur : Expédition 33 (2025)

    2 mai 2025 – 14 mai 2025 (38h)

    Je serai brève à propos du chouchou de 2025, car beaucoup d’encre a déjà coulé à propos de ce joyau. Un jeu avec très peu de défauts (l’un d’eux fut l’objet de mon premier article). Gameplay, direction artistique, narratif, musique – tous ces aspects sont excellents. J’ai très hâte de voir ce que le développeur, Sandfall Interactive, vont nous proposer comme deuxième opus. L’équipe a placé la barre très haute; je leur lève mon béret.


    Fire Emblem Engage (2023)

    4 juin 2025 – 28 juin 2025 (65h)

    Un peu comme avec Dragon Age: The Veilguard, Fire Emblem Engage m’a fait l’effet d’une doudou confortable. Les combats tactiques forment la majorité du jeu et je trouve encore ces mécaniques captivantes, même si elles suivent la même formule que tous les jeux précédents. C’est très répétitif, mais ce n’est pas un défaut; je peux écouter des balados en jouant. Le scénario est rempli de clichés et les dialogues… disons qu’il vaut mieux en rire que d’en pleurer, mais encore une fois, c’est plus attachant qu’autre chose. J’ai aussi été agréablement surprise par quelques revirements dans l’histoire (le chapitre Retreat, pour ceux et celles qui ont joué), et même émue par certaines scènes en approchant le dénouement.

    Engage n’est pas aussi ambitieux que Three Houses, et sa proposition d’un multivers où on retrouve d’anciens héros de la franchise a tellement été abusée dans les médias (c’est toi qu’on regarde, Marvel) que c’en est lassant, mais je ne peux nier avoir eu du plaisir dans cette aventure en incarnant le tube de dentifrice qui nous sert d’avatar.


    Pokémon Violet (2022)

    23 mai 2025 – 9 juillet 2025 (35h)

    C’est étrange qu’un jeu sorti en 2022 soit moins beau et moins performant que son prédécesseur. Graphiquement, ce jeu est un désastre.

    Le développeur Game Freak a voulu créer un jeu Pokémon en monde ouvert, une première pour la franchise. J’admets qu’en théorie, c’est l’aboutissement logique de ce que propose ce genre de jeu depuis les tous premiers titres, Red et Blue, sortis sur le Game Boy en 1998 (en Amérique). Mais cette promesse alléchante d’un Pokémon : Elden Ring a vite fait de refroidir nos ardeurs : l’exploration offre des récompenses médiocres, le monde est vaste mais vide, et les performances du jeu sont catastrophiques.

    Tout cela étant dit, Pokémon Violet reste une expérience qui n’est pas dénuée d’intérêt – j’ai passé la cassette, après tout – mais on pourrait le méprendre pour un jeu sorti sur la Nintendo 64.


    Baldur’s Gate 3 multijoueur (2023)

    Commencé le 13 juillet 2025 (50h, abandonné)

    J’ai déjà complété ma première partie (après quelques 180 heures) de BG3 lors de sa sortie, mais je n’avais jamais eu le plaisir de tester le mode multijoueur. Pendant plusieurs semaines, mon amie Kim (qui a fait plusieurs playthroughs en solo) et moi avons trippé avec notre groupe entièrement composé de bardes. On s’est rendues jusqu’à la fin de l’acte 1 avant de s’arrêter… et de commencer une campagne de DnD en personne!


    Blue Prince (2025)

    19 juillet 2025 – 12 août 2025 (17h, abandonné)

    Ce qui semblait être un jeu extrêmement dans mes cordes est malheureusement devenu une corvée. J’ai adoré mes premières heures avec Blue Prince, mais la nature roguelike du jeu fait que la progression vers la (les?) fin(s) du jeu requiert de faire énormément de runs, et j’ai malheureusement perdu intérêt en chemin. La majorité des gens qui jouent adorent, alors c’est un cas de «c’est pas toi, c’est moi». C’est correct! Tous les jeux ne sont pas pour tout le monde.


    Sea of Stars (2023)

    Commencé le 12 août 2025 (25h, abandonné)

    Un autre cas de vouloir un jeu de Switch pour pouvoir jouer en mode portable. J’ai emmené Sea of Stars avec moi en vacances et j’ai vraiment aimé! Un super RPG de style rétro fait par un studio québécois, Sabotage. C’est drôle, bien écrit et les personnages sont attachants, sans parler du pixel art qui est magnifique. D’autres jeux ont happé mon attention et donc je ne l’ai jamais terminé, mais c’est définitivement possible que je revienne vers Sea of Stars, surtout qu’il y a un DLC qui est maintenant disponible.


    Odin Sphere Leifthrasir (2016)

    12 juillet – 18 septembre 2025 (?h, abandonné)

    Une recommandation de mon amie Gabrielle (merci Gab!), Odin Sphere Leifthrasir est un remake d’Odin Sphere, jeu sorti en 2007 pour Playstation 2 et développé par Vanillaware (Unicorn Overlord). Quel jeu unique en son genre!

    On suit l’histoire de cinq protagonistes dont les chemins s’entrecroisent, et on finit par vivre l’intrigue du jeu à travers les yeux de plusieurs personnages. Le jeu est un hybride plateformer/brawler dans lequel on explore des niveaux en se battant contre des ennemis variés et en ramassant des resources. Pour augmenter de puissance, il faut faire pousser des baies et manger plusieurs types de nourriture, ce qui inclut aller au restaurant!

    La direction artistique est vraiment ce qui m’a accrochée au départ, car tout semble dessiné à la main, donnant un peu l’impression de lire un conte de fées. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de terminer le jeu avant qu’il se retire de Playstation+, mais si j’ai la chance d’y revenir je le ferai avec plaisir.


    Hollow Knight: Silksong (2025)

    5 – 21 septembre 2025 (23h, abandonné)

    Silksong est un chef d’oeuvre que je ne terminerai jamais. Et c’est correct! Je respecte la vision des développeurs du jeu (Team Cherry) d’avoir créé une expérience difficile et sans compromis. Est-ce que j’aurais aimé des niveaux de difficulté plus bas pour connaître la fin de l’histoire? Sans doute. Mais j’ai fait la paix avec l’abandon de Silksong. J’ai aimé les 23 heures que j’ai passées en compagnie de Hornet, la protagoniste, surtout lorsqu’elle gonflait sa cape pour planer dans les airs.


    Sword of the Sea (2025)

    18 – 20 septembre 2025 (4h)

    Il n’y a qu’un remède lorsqu’on se bute à un jeu difficile et qu’on abandonne. Jouer à quelque chose où il est impossible de mourir!

    Sword of the Sea était la meilleure façon de se rinçer le palais après Silksong. C’est un jeu magnifique où le protagoniste redonne vie aux différentes régions du monde, tout en faisant du snowboard sur une épée flottante. C’est le deuxième jeu que je fais cette année dont la musique a été composée par Austin Wintory, le vétéran derrière la musique de Journey (l’autre étant Stray Gods: The Roleplaying Musical). La trame sonore, envoûtante, met en valeur la voix humaine, dont un choeur d’enfants – à couper le souffle.

    Le jeu peut être terminé en quatre heures; c’est une excellente expérience à faire en une fin de semaine!


    Pokémon Red (1998)

    Commencé le 1er octobre 2025 (20h, non terminé)

    Pour ma fête cette année, je me suis fait un beau cadeau et je me suis acheté un Game Boy Light. C’était un geste inscrit dans un élan de nostalgie pour les jeux et médias de mon enfance, ainsi que tous ces objets qui ne servent qu’à une chose : un Game Boy ne peut jouer qu’à un jeu à la fois, un lecteur cassette ne peut recevoir de notifications d’Instagram, un DVD ne contient qu’un film et pas l’entiereté du catalogue mondial des séries télévisées. Je partais en tournée (en Abitibi cette fois!) et je voulais emmener un jeu avec moi; j’ai choisi Pokémon Red.

    Ça m’a étonnée à quel point ce jeu a bien vieilli et que je pouvais facilement retomber dans la loop du jeu – attraper des Pokémon, les entraîner, bâtir l’équipe parfaite, vaincre le Gym du village, et au suivant – et comment ce concept n’a au final que peu changé avec les années et les nouvelles moutures. Ce n’est pas un hasard que Pokémon soit l’une des plus importantes franchises au monde en ce moment – ils ont commencé sur des bases très solides.

    On vient aussi tout juste de voir sortir la bande annonce de Pokémon Winds et Pokémon Waves (sortie prévue en 2027) et ça promet!


    Metroid Prime 4: Beyond (2025)

    5 – 27 décembre 2025 (30h)

    J’étais super excitée de replonger dans l’univers Metroid Prime – ayant adoré Metroid Prime Remastered – et la première moitié de Metroid Prime 4: Beyond m’a livré exactement ce que je voulais : une aventure solitaire où j’incarne la mercenaire silencieuse à travers des niveaux labyrinthiques, passant de puzzles en escarmouches, collectionnant des augmentations pour mon armure, afin d’accéder à d’autres niveaux labyrinthiques. La musique aussi est du parfait Metroid.

    Malade!… jusqu’à ce que le jeu te force à parcourir un monde ouvert presque vide pour ramasser des crystaux et autre babioles, nécessaires pour progresser vers la fin du jeu. D’un ennui mortel. Cette dernière section, d’ailleurs, est très courte et mène directement à la dernière confrontation, qui est assez décevante. Dommage pour un jeu tant attendu. Ça a terminé mon année de façon un peu pouet pouet.


    C’est ce qui conclut ma liste de jeux auxquels j’ai joué en 2025! J’aime beaucoup faire cet exercice. Ça me permet de comparer les jeux entre eux et de relever mes comportements de joueuse. Qu’est-ce qui m’a gardé accorchée, et qu’est-ce que j’ai abandonné?

    Quel fut mon jeu préféré de 2025? J’ai adoré retourner au Game Boy et à Pokémon Red pour une dose de nostalgie; avec mon travail de jour comme compositrice musicale qui me demande un effort intense au niveaux des méninges, j’ai apprécié revenir à la maison le soir, me mettre un balado et jouer à Fire Emblem Engage pour me vider complètement l’esprit; mais sans grande surprise, je dois donner la palme à Elden Ring et son DLC Shadow of the Erdtree. C’était une expérience transcendante. Sans joke.

    Maintenant que 2026 est bien entamée, j’ai déjà quelques jeux sous la cravate, que je compile en détail dans mon journal. On se revoit en 2027 pour une autre rétrospective! Et vous, quels jeux ont marqué votre 2025?

  • Deux petites taches d’encre sur un tableau presque parfait

    Deux petites taches d’encre sur un tableau presque parfait

    Clair Obscur: Expedition 33

    Joué du 2 au 14 mai 2025
    Temps de jeu : ~42 heures


    !! DIVULGÂCHEURS !!

    CET ARTICLE CONTIENT DES DIVULGÂCHEURS QUI COUVRENT L’ENTIÈRETÉ DU JEU. POURSUIVEZ À VOS RISQUES!


    Avertissement de contenu : suicide

    Capture : Philomène Gatien // Sandfall interactive

    Clair Obscur de Sandfall Interactive n’est rien de moins qu’un chef-d’oeuvre. Ce jeu a relevé un défi relativement difficile : me captiver pendant plus de 40 heures tout en me faisant 1) jouer à un jeu style JRPG et 2) en me forcant à parer des coups pour réussir (deux charactéristiques qui ne m’attirent habituellement pas dans les jeux). Malgré ces premières barrières, le jeu m’a complètement envoutée grâce à ses personnages attachants et complexes, une histoire magnifiquement racontée et — bien sûr — la musique envoûtante de Lorien Testard. Tous ces éléments s’assemblent à merveille pour nous livrer une expérience unique parmi le paysage vidéoludique de 2025 – mais pas sans tache.

    Je ne suis pas la seule qui a adoré sur ce jeu, comme peut en témoigner son score de 93 sur Metacritic. Je ne vais donc pas répéter ce que tout un chacun a déjà dit à propos de cette petite merveille française. Plutôt, j’aimerais parler de deux aspects qui m’ont agacée dans mon expérience presque parfaite, parce que ce sont des points que je n’ai pas vu soulevés souvent et qui peuvent se perdre à travers le flot dithyrambique entourant Clair Obscur. Cela peut paraître étrange que je désire me concentrer sur les détails moins flatteurs du jeu, mais qui aime bien châtie bien! Sans blague, mes réserves à propos de certains aspects du jeu sont – je crois – pertinentes et méritent d’être mises en lumière.

    Mes réflexions seront séparées en deux articles dont je vous présente la première partie aujourd’hui. La seconde suivra sous peu! (Modifié le 13 février 2026 : finalement je n’ai eu le temps que d’en écrire un!)

    Les sujets que j’aimerais aborder sont liés à d’énormes divulgâcheurs. Voici donc un dernier avertissement : si vous n’avez pas complété le jeu au grand complet, faites demi-tour maintenant!

    Bon – prenez vos pinceaux, équipez vos Pictos et Luminas, on part.

    Une vie à vivre

    Capture : Game Movie Land // Sandfall interactive

    Je trouve que Clair Obscur porte bien son nom parce que le jeu nous livre autant de moments légers que de moment tragiques et cet équilibre est très efficace. Une blague bien placée nous fait baisser notre garde et rend la prochaine révélation dramatique plus percutante. En effet, le banquet d’adieu au début du jeu permet de converser avec tous les membres qui font partie de l’expédition et de s’attacher à eux alors qu’ils vont mourir de façon horrible quelques minutes plus tard.

    Cela dit, un pan sombre de l’histoire que Sandfall Interactive nous propose atterrit, selon moi, moins bien.

    On parle beaucoup de suicide dans Clair Obscur. Gustave met presque fin à ses jours lorsqu’il survit au premier assaut de Renoir sur le Continent. Au fil de l’histoire, on apprend que Sciel a fait une tentative après la mort de Pierre, son mari, qui est mort 5 ans avant la date prévue de son gommage. La fin du jeu associée à Verso, quant à elle, est une quête d’auto-destruction; il dit lui-même à la fin, «je ne veux pas de cette vie». Il y a peut-être d’autres exemples, mais je n’ai pas complété le jeu à 100% alors soulevez-les dans les commentaires si jamais j’en ai manqué.

    Je trouve louable que les gens chez Sandfall Interactive veuillent parler du suicide et, faisant moi-même partie d’une production théâtrale qui parle du sujet (Merci d’être venus), je pense qu’il est pertinent de briser le tabou et d’en discuter. Par contre, il y a de bonnes et mauvaises façons d’en parler dans une oeuvre de fiction, et malheureusement, je pense que Clair Obscur tombe dans certains pièges.

    Capture : Game Movie Land // Sandfall interactive

    Le site de l’association québécoise de prévention du suicide (AQPS) est rempli d’informations sur le suicide et comment en parler dans les oeuvres de fiction. J’aimerais résumer quelques-unes des recommandations trouvées sur le site et les mesurer à certaines scènes de Clair Obscur, parce que parler de suicide vient avec un risque de contagion : «En effet, le fait d’être exposé, directement ou indirectement, à un événement suicidaire augmente le risque d’une personne de développer des idées suicidaires et de passer à l’acte». Pendant la conception de Merci d’être venus, l’écrivain Gabriel Morin, le metteur en scène David Strasbourg et moi-même avons produit un balado sur la question, et ce faisant, avons appris des tonnes d’informations. Vous pouvez trouver le balado sur Spotify. L’épisode 5 avec Jérôme Gaudreault, ancien directeur général de l’AQPS, traite entre autres du suicide dans les fictions. À écouter si le sujet vous intéresse!

    Selon le guide de l’AQPS, je discerne quelques petits faux pas entourant le suicide dans Clair Obscur.

    Clarté du moyen

    Il a été démontré qu’un portrait détaillé [du moyen] amène certaines personnes à poser un geste suicidaire en utilisant le même moyen.

    Certains moyens pour se suicider sont devenus plus communs à la suite de leur description détaillée dans les médias. Par exemple, selon une étude de Stack et Bowman, 77 % des gens ayant fait une tentative de suicide rapportaient que leur information sur les moyens de se suicider provenait des médias, incluant les films et la télévision.

    Dans le cas de Gustave, lors de son arrivée sur le continent, on le voit en proie au désespoir et il s’apprête à s’enlever la vie avec une arme à feu. Quant à elle, Sciel raconte à Verso plus tard dans le jeu qu’elle s’est mise à nager dans la mer et qu’elle comptait le faire jusqu’à épuisement. L’arme à feu est un moyen commun que nous avons tous·tes déjà vu dans un film ou une série. Nager jusqu’à se noyer, un peu moins, mais les moyens hors du commun peuvent «donner des idées», si on veut. Bref, il vaut mieux ne pas donner de mode d’emploi.

    Rendre le geste romantique

    Le suicide n’est ni prestigieux ni romantique, c’est pourquoi nous suggérons de ne pas laisser cette impression au public. Le suicide est un geste irréversible posé face à une souffrance ressentie comme étant permanente et insurmontable. Et la plupart des personnes qui reçoivent de l’aide alors qu’elles se trouvent dans ce moment de désespoir décideront finalement de ne pas se suicider.

    Je comprends qu’on est dans un jeu vidéo. Je comprends qu’on se fait raconter une histoire. Même à ça, on devrait éviter de voir le suicide comme un geste poétique. Il n’y a rien de poétique à s’enlever la vie. La scène avec Gustave ne m’a pas vraiment dérangée à ce niveau-là : la scène est présentée de façon assez neutre. La manière dont Sciel raconte sa tentative, par contre, est teintée de cette tristesse romantique. Elle dit même à un moment : «La mort est comme une amie qui sera prête à m’accueillir quand je rentrerai enfin à la maison.» Si une amie me disait ça, je m’inquiéterais tellement!

    D’ailleurs, le 1-866-APPELLE n’est pas seulement un numéro à appeler quand nous sommes en détresse, c’est aussi une bonne ressource lorsqu’on s’inquiète pour un·e proche.

    Banalisation du geste et représentation réaliste

    Il est […] recommandé d’éviter de montrer une personne revenant à une vie normale très rapidement après une tentative, afin de ne pas banaliser le geste.

    De la même façon, une représentation réaliste pourra montrer le fait que les personnes vulnérables sont entourées d’individus qui travaillent avec elles, les soignent, les aiment, prennent soin d’elles, etc. Un suicide, une tentative de suicide ou des idéations suicidaires ont un impact important également sur les proches, qui réagiront tous différemment.

    On ne peut pas vraiment parler de «vie normale» quand on parle de se promener sur le continent et de se battre contre des Névrons. Quand même, lorsque Lune trouve Gustave et le convainc de ne pas se suicider, celui-ci la rejoint pour livrer bataille à un ennemi et les deux continuent leur chemin sans jamais reparler de l’incident.

    Aussi, Lune est très froide et presque exaspérée par Gustave quand elle le trouve en proie au désespoir. Pour moi c’est une occasion manquée de montrer une présence réconfortante. À la place de paroles douces et empathiques, Lune enchaîne les «Putain de merde» et «Réveille-toi Gustave» et «DEBOUT! On doit trouver un endroit sûr». Quand Gustave s’ouvre à elle et tente d’exprimer sa détresse en essayant de parler de son défunt collègue Lucien, Lune lui rétorque que «Ce n’est pas le moment». 0/10 pour le pep talk, Lune! Voici un lien vers l’échange, pour le contexte.

    Après tout cela, Gustave et Lune n’en parlent plus. Lune ne vient jamais vers Gustave en lui demandant s’il va mieux, s’il veut en parler. Elle aurait pu, autour d’un feu de camp, au moins s’excuser d’avoir été abrupte. Ça aurait pu faire contraste à sa froideur précédente et montrer que sous sa facade rigide, Lune peut quand même être empathique – chose que nous découvrons à d’autres moments de l’histoire, comme dans sa scène sous les étoiles avec Sciel.

    Lune et Sciel auraient fait un super beau couple. Je dis ça de même!
    Capture : Game Movie Land // Sandfall interactive

    Le jeu ne fait quand même pas que des maladresses en traitant du suicide. Voici deux recommandations de l’AQPS qui sont respectées dans Clair Obscur.

    Le suicide est multifactoriel

    Les facteurs contribuant au suicide sont complexes et multifactoriels. Il est donc difficile d’expliquer spécifiquement le comportement suicidaire d’une personne par des évènements singuliers ou des situations simples.

    Par exemple, une personne ne se suicide pas uniquement à cause d’une rupture amoureuse. Toutefois, cette rupture peut agir comme un évènement déclencheur dans une situation au préalable complexe (historique d’abus, intimidation, enjeux de santé mentale ou de consommation, perte financière, etc.).

    À première vue, la tentative de Sciel pourrait tomber dans cette catégorie : la perte de son mari, Pierre, la plonge dans un profond désespoir car il est parti avant même d’être en âge pour le gommage, ce qui a rendu le deuil d’autant plus douloureux. Mais rien ne laisse présager qu’elle vivait d’autres difficultés… à part qu’elle vit dans un monde où la mort s’abat sur toute une tranche de la population à chaque année. Le monde dans lequel Sciel et les autres personnages vivent est cruel et sans pitié; je comprends que la population de Lumière souffre de dépression chronique. La perte de Pierre aurait donc été un évènement déclencheur (pour reprendre les mots de la citation) de la tentative de Sciel.

    Surmonter et survivre

    Ainsi, la représentation de personnes qui réussissent à surmonter une crise suicidaire peut avoir un effet protecteur sur un public vulnérable. Le chercheur Niederkrotenthaler et son équipe ont même démontré que les articles journalistiques ayant recours à cette approche étaient associés à une baisse des taux de suicide.

    Je voulais terminer ma section sur ce point car malgré les quelques faux pas expliqués plus haut, il n’en reste pas moins que les personnages qui ont contemplé le suicide dans Clair Obscur ont survécu. Lune, même en étant froide avec Gustave, finit par le convaincre de lâcher l’arme et de la suivre. Sciel s’est fait secourir par le majestueux Esquié lorsqu’elle était au bord de la noyade. Ces représentations du suicide ne sont pas parfaites, mais c’est mieux selon moi que si on voyait ces personnages s’enlever la vie à l’écran.

    Capture : Game Movie Land // Sandfall interactive

    Il y a un personnage que je n’ai pas mentionné depuis un certain temps, malgré l’avoir nommé au début de mon article. Voyez-vous, c’est que Verso est immortel et ça complique les choses. Je pense que le concept de ne «plus vouloir de cette vie» pour un personnage qui ne peut pas mourir peut être intéressant, parce que c’est une réflexion sur les effets pervers de l’immortalité, charactéristique qui est souvent vue de manière positive. Cette quête d’une mort devient très explicite vers la fin du jeu, où Verso et Maëlle sont mis en opposition lors de deux fins possibles. Je pense donc que Verso est moins un commentaire sur le suicide, ou un prétexte pour en parler, que Gustave et Sciel, et je ne l’ai donc pas inclus dans mon analyse.

    Parlant de Maëlle, on en vient à mon deuxième point de friction avec Clair Obscur : sa position (selon moi) en tant que protagoniste et les deux dénouements possibles de l’histoire. La suite dans un prochain article! (13 février 2026 : peut-être écrirai-je cet article un jour!)


    Si vous ressentez de la détresse :
    Canada : suicide.ca // 1-866-APPELLE
    France : 3114.fr // 3114
    Pour en savoir davantage sur la prévention du suicide : aqps.info